|
désapprendre. Il doit se libérer des contraintes, des tensions, des anxiétés, des ambitions, et de tout ce dont la vie civilisée a chargé l'homme naturel. Et ce n'est pas facile.
C'est lorsqu'on a désappris qu'on peut apprendre. Et avant tout la manipulation du Chi. C'est quand on en
|
est capable, et seulement alors, que dans le corps libre de toute tension, la respiration engendre le mouvement et mobilise les membres portés par le Chi. Alors seulement, le corps, comme les doigts du pianiste, suivra l'intention. Et l'intention suffira pour faire exécuter la forme. Il fera lui aussi de la musique. Silencieuse.
Des lignes mélodiques parfaites, des accords d'une harmonie profonde, du contrepoint où se superposent les dessins de gestes d'une grâce indicible. Il fera... tout simplement, du Taï Ji Quan. (...)
Dans la pratique du Taï Ji Quan de haut niveau, c'est la main qui guide le corps. Et c'est elle qui cherche la communication avec ce quelque chose dont les yeux sont les messagers. Elle rencontre parfois le regard dont elle reçoit le flux énergétique. Et elle y répond à sa façon. Par un mouvement qui emporte le message.
C'est ça le Taï Ji Quan de la Voie Intérieure. Il n'est pas fait de mouvements appris et répétés aussi fidèlement que possible. C'est une recherche. Jamais achevée. C'est la recherche d'une intégration qui commence par l'intégration dans l'espace. C'est la main qui nous guide dans cette recherche, mais c'est afin que tout le corps s'adapte à l'espace, qu'il se confonde dans le tout et qu'il retrouve sa racine originelle dans la terre. Le corps, dans certaines postures, retrouve cette implantation caractéristique dans le sol. Il est droit et sort de la terre parfaitement vertical. Et c'est cette parfaite verticalité qui exclut toute idée de résistance. Toute idée de combat.
|