Centre Pierre Boogaerts
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LE TAI JI QUAN DE LA VOIE INTERIEURE
Extrait d'un article de Vlady Stévanovitch
paru dans les numéros 12 et 13 de la revue de l'École - mai 1992 - Photos P. Boogaerts - Photos P. Boogaerts

Au contraire c'est l'idée d'un corps libre dans l'espace qui s'impose. C'est un corps prêt à s'orienter immédiatement dans n'importe quelle autre direction et à prendre, sans la moindre résistance, n'importe quelle autre attitude. C'est un corps docile, flexible, maniable et souple. C'est un corps disponible. Ce corps n'est pas

un obstacle à surmonter. Ce n'est pas un adversaire à dominer. On n'a rien à lui apprendre. On n'a pas à le dresser.

Lorsqu'on a accompli le cheminement vers la posture finale, il y a l'aboutissement, il y a la réalisation. Parfois, trop rarement, ça arrive. Le Maître réalise la posture juste. A ce moment, il est la posture. Il ne la fait pas. Il est cet élan sans limites, il est cette intégration consciente de tout son être dans ce plus grand que nous. Dans ce plus grand que tout.

Essayer d'interpréter une telle posture en termes techniques, ou, bien pire encore, en termes de combat n'est pas seulement ridicule. C'est triste. C'est ignorer cette autre réalité à laquelle je refuse de donner un nom, mais que parfois, rarement, un Maître voit dans toute son infinie beauté.

Alors, son visage s'illumine et on peut entrevoir dans son regard que ce qu'il contemple n'est pas loin de l'Absolu.

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